dimanche 14 mai 2017





           TECHNIQUE DE LA PEINTURE LAQUEE


La production de la laque est une activité traditionnelle depuis environ 200 ans au Viet Nam. Les vietnamiens ont depuis toujours utilisé la résine du laquier, mélangée à d’autres matières, pour la création d’œuvres artisanales très spécifiques. C’est grâce au caractère esthétique, à la résistance de la matière, au raffinement, à la splendeur et la profondeur de la laque que celle-ci est devenue une spécificité de  la vie artistique vietnamienne , en architecture et en décoration. La laque est ainsi devenue une des caractéristiques essentielles de la vie culturelle vietnamienne.

La fabrication de la laque est une succession d’étapes extrêmement minutieuses, précises et soigneuses, pendant un temps relativement long. Elle demande des connaissances précises en terme de température, d’humidité, des outils utilisés et des matières premières employées. La préparation du support de laque ( bois, métal, pierre, tissu, papier..)se fait en une douzaine d’étapes en 4 à 6 mois. La partie graphique va demander au moins un mois de travail, la durée étant fonction de la dimension de l’œuvre et de la technique de l’artiste.

Cette technique artistique est en perpétuel développement, soutenue par les recherches des artistes et des artisans, afin qu’elle continue à être utilisée dans l’art contemporain Vietnamien et mondial. Il existe un département de laque dans toutes les Universités des Beaux Arts au VietNam, qui attire de nombreux étudiants vietnamiens et étrangers. Plus que jamais la laque est une activité artistique très spécifique qui permet le développement des capacités d’émotions, d’âme, de liberté de création des peintres contemporains et de tous ceux qui s’intéressent à leur travail.

Nguyen Duc Huy et Luong Thi Anh Tuyet

       
La laque SON MAI  en vietnamien, vient de SON = peindre et de MAI = poncer, résumant les différentes étapes de la technique
 Le travail de la laque fut sans doute introduit au Viet Nam par des artisans chinois, mais à une date encore contestée. . C’est un art populaire et artisanal , partie de la culture vietnamienne. L’enseignement de la technique de la peinture a débuté vers 1930 à l’Ecole des Beaux Arts d’Indochine à Ha Noi.


  La laque elle-même est le suc laiteux obtenu par  incision du laquier ( Toxicodendron Succedanae ), exploité dans la Province Phu Tho, du Nord Viet Nam.






                                                                                                                                                        aDès que l’arbre atteint trois ans et pendant quatre à cinq ans, on peut commencer à  la recueillir en faisant des entailles à la base du tronc de l'arbre qui peut atteindre trois à quatre mètres.





On laisse reposer cette résine pendant plusieurs semaines ; elle se décante alors en quatre couches de qualité différente.
Les deux couches supérieures, les plus fluides, brun foncé, sont mélangées à de la colophane.

La première qui servira de couche finale appelée « couleur aile de cafard » est conservée dans un récipient en porcelaine et brassée avec une palette en bois de bambou, pendant huit à dix heures. Elle perd ainsi son eau et s’épaissit. On y ajoute ensuite un peu de pétrole afin de la rendre plus souple et de faciliter son application.






 Le support traditionnel est en bois qui est recouvert d’un mince tissu de coton ou de soie sur lequel est passé une couche de résine nature.









Après séchage, on applique un mastic fait d’un mélange de poudre de terre et de résine nature, que l’on laisse sécher et qui est ensuite poncé. Cette opération est répétée six fois.


Enfin sont passées 2 couches de laque noire selon la même technique, afin d’obtenir un support d’un lissé parfait. Ce n’est qu’après cette longue préparation que l’objet est prêt pour la décoration.






On peut utiliser de nombreuses autres  surfaces telles que le bambou, les feuilles de palmier, de lin,  le cuir, le métal etc...





OUTILS



et MATERIAUX

      La laque ne peut être colorée que par certains pigments minéraux, d'autres risquant de l'oxyder. À l'origine, n'existaient que des rouges à base de pierre rouge dans la nature (comme dans les pagodes), complétés par la suite par du jaune, du vert et du bleu.
















La couleur blanche est apportée par l'incrustation de morceaux de coquilles d'oeufs et l'application de très fines feuilles d'argent








 Feuilles d’Argent



Quant aux feuilles d'or, outre la couleur jaune, elle donne au tableau son côté précieux. Selon l'inspiration de l'artiste, seront ajoutées des incrustations de morceaux de coquilles d'escargot, de poudre ou morceaux de nacre de moules d'eau douce.





La laque s'applique en plusieurs couches successives. Chaque couche doit sécher avant d'être soigneusement poncée au papier de verre, à sec ou le plus souvent sous un filet d'eau, avant l'application de la couche suivante. Il faut en général plusieurs couches de chaque couleur







Le ponçage permet de faire apparaître différentes formes et couleurs



Une dernière couche de laque, non colorée, est appliquée comme vernis, servant à la fois à protéger et à donner de la profondeur au tableau. 















lissage de finition à la main et brillant final  












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